Articles tagués : dieta

La dieta! (4ème et dernière partie!)

Bonjour mes chers lecteurs,

Alors voilà, cette fois-ci c’est la bonne, la dernière partie de la dieta!

Le dimanche, suite à l’application de kambo, nous avons mangé un petit peu puis nous avons passé la journée relax dans le tambo. Le soir avait lieu ma dernière cérémonie d’Ayahuasca, et le lendemain, mon cierre de dieta.

Après ce que j’avais vécu durant la semaine, tant physiquement qu’émotionnellement, j’arrivais à ma dernière cérémonie sans vraiment d’attente, juste prête à recevoir ce qui allait m’être donné.

Quand je suis arrivée à la maloca, il y avait déjà cinq personnes installées, deux italiens, un irlandais, Laszlo le hongrois, et Oscar le barcelonais. On a papoté un moment, les deux italiens très sympas, faisaient le tour de l’Amérique Latine, et allaient participer à une cérémonie pour la première fois.

Luis est arrivé un peu tard, il a expliqué rapidement le déroulement de la cérémonie aux nouveaux, puis nous avons commencé. A nouveau, j’ai eu un peu de mal à « entrer », disons que l’effet a été assez léger tout au long de la cérémonie, mais j’étais bien ainsi. Après quelques heures, l’envie de vomir m’a prise, j’ai attrapé mon seau et ai vomi, j’imagine que pas si longtemps que ca, sauf que ca m’a parru une éternité. J’avais plein d’images à ce moment-là, puis d’un coup, une douleur aux épaules, un poids très très lourd, qui me pliait en deux. Une voix en moi me dit « Ca y est, tu le sens, le poids de la douleur, le poids de la culpabilité, le poids que tu charges??? » et moi de penser « oui, ca fait mal, c’est lourd, trop lourd pour mes épaules », et la voix qui me répond « éh bien il ne tient qu’à toi de choisir si oui ou non tu veux continuer de te le trainer ». Et moi je me disais, mais comment, comment! Et tout d’un coup, j’ai senti en moi toute la force de la Chuchuhuasha, c’était comme une explosion à l’intérieur de mes os, qui se diffusait à chaque cellule. Mon corps s’est redressé d’un coup, j’étais assise, droite et inflexible, j’avais décidé de laisser ce poids, là, au milieu de la jungle. A ce moment-là, j’ai ressenti une incroyable clarté sur tout ce que j’avais pensé, resenti, réfléchi durant cette semaine. cette clarté ne se manifestait pas tant en mots, sinon en sensations. Je crois que simplement, au fur et à mesure des jours, j’avais baissé la garde de mes défenses et de mon égo, et qu’ainsi j’avais préparé un terrain propice à l’acceptation et au dejar fluir (laisser filer les choses…).

Quand Lucho est venu devant moi, à la fin de la cérémonie, pour me chanter mon icaro de cierre, j’étais tellement heureuse, tous les doutes, les douleurs, la frustration s’en étaient allés, je n’étais plus que sérénité, et en pleine communion avec tout ce qui m’entourait, et de chaudes larmes de bonheur coulaient sur mes joues.

Depuis ce jour-là, je n’ai plus eu cette sensation de « poids intérieur ». Je ne sais pas si c’est pour toujours, si c’est temporaire, je sais juste qu’en moi il y a eu un « clic », quelque chose qui a changé, vraiment en profondeur, de ces choses tant profondes que les mots ne peuvent les décrire… Je sais juste, avec certitude, que je me sens bien, vraiment bien. 🙂

Le lendemain, lundi, c’était ma sortie de la jungle, avec, un des meilleurs moments… le cierre de dieta!!!!

Après le baño de flores du petit matin, me voilà partie direction la maison de Lucho pour la redécouverte du sel, hahaha!!!!

Chez Luis

Chez Luis

Chez Luis

Chez Luis

Pour le cierre de dieta, Luis me donne un oignon rouge coupé en tout petits bouts, avec du jus de citron et une pincée de sel. Ca vous semblera certainement dégueu, sauf que… c’est un délice!!!! Je vous le conseille!!! Puis en sortant de dieta, ca a goût à la gloire!

La poule couveuse

La poule couveuse

Ensuite, Luis m’a chanté un dernier icaro, nous avons discuté un moment, il m’a donné les recommendations pour continuer la post-dieta (un minimum de 15 jours sans alcool, porc, piment, sucre et activité sexuelle), puis j’ai eu droit à une soupe de légumes, la même que toute la semaine, sauf qu’elle avait un peu de sel. Si peu! J’en ai mangé trois cuillères, juste pour avoir quelques forces pour la marche qui m’attendait en sortant de la jungle. Je me faisais déjà toute la liste des trucs que j’allais manger en arrivant à Iquitos 🙂

Cerrando la dieta

Cerrando la dieta

J’ai goûté une boisson, dont j’ai oublié le nom, qui est à base de racine de yuca mastiqué par femmes et enfants, recrachés et fermentés. Hahahaha!!! Bein c’est pas si dégueu, sauf que c’est assez filandreux et qu’on tombe sur des morceaux de temps en temps 😀

Je suis retournée au campement pour dire au revoir à Ro et à mes compañeros, puis nous sommes sortis de la jungle, Luis et moi. Marche, mototaxi, bateau…

Derniers mêtres avant le Río Nanay

Derniers mêtres avant le Río Nanay

Arrivée à Iquitos, je suis retournée à l’hôtel dans lequel nous étions restés avant d’entrer dans la jungle, pour… une bonne douche!!! Et je peux vous dire que celle-là, je l’ai appréciée à 200%!!!

Ensuite je suis sortie manger, et malgré toute la liste de trucs que je comptais manger à ma sortie de la jungle, éh bien une fois à ma disposition, je n’en avais pas spécialement envie. Du coup j’ai mangé du quinoa avec des légumes, et un jus de macaruya. Puis, un dernier mototaxi direction l’aéroport, et me voilà partant pour Mexico.

Arrivée à Lima, j’étais en débardeur et les gens me regadaient avec des yeux tout ronds, on aurait dit que j’avais la varicelle, des boutons de moustique partout! J’avais compté, de la hanche jusqu’à la cheville de la jambe droite, j’avais 87 boutons. Sans compter les pieds qui devaient en avoir une bonne quinzaine, sans compter le dos, le ventre, l’autre jambe, les bras, bref, j’en étais recouverte!

Le retour au monde « civilisé » n’a pas été si facile, même en vivant ici dans notre petit village… J’ai été très nostalgique de la jungle, du contact avec la nature, et de la liberté qu’il y a là-bas, pas d’heure, pas de contraintes, pas de bruit…

J’ai été heureuse de revoir mes petits élèves, eux aussi l’étaient, je leur ai manqué disaient-ils, certains m’ont apporté même des chocolats pour mon retour, d’autres un gâteau pour mon anniversaire en retard… 🙂

Et voilà, déjà plus de trois semaines que je suis rentrée, le temps a filé. J’ai repris le rythme, et tout continue d’aller pour le mieux!

J’espère que vous allez bien vous aussi. Ca a mis du temps ce récit de la dieta, mais maintenant, place aux nouvelles quotidiennes!!!

A très bientôt pour de nouvelles aventures!!!

Catégories : Curando el alma, Lieux | Étiquettes : , , , | Poster un commentaire

La dieta (3ème partie)

Bonjour à tous!

Me voilà enfin avec quelques minutes devant moi pour pouvoir continuer, et qui sait, peut-être terminer, le récit de la dieta au Pérou 🙂

Au lendemain de la troisième cérémonie, Leo et Delia sortaient de la jungle pour revenir sur le Mexique.

Adioooooos!!!

Adioooooos!!!

Nous avions notre journée de repos, c’était vendredi, et ce jour là, c’était le dernier jour où j’ai pris la Chuchuasha. J’étais d’une certaine facon soulagée, et à la fois un peu triste que se termine cette partie de la dieta, car je m’étais prise d’affection pour la chuchuasha, malgré les douleurs et toute cette mouvance émotionnelle…

Le samedi, comme je vous l’avais commenté plus tôt, nous avons fait une cérémonie de Wachuma. Nous l’avons prise vers 9 heures du matin, je ne sais pas bien quelle heure il était. La Wachuma est utilisée entre autres dans le traitement des adictions, et aussi pour amplifier la conscience et l’aprentissage des plantes. Après l’ingestion, nous avons passé un bon moment à discuter, Ro, Luis et moi, dans la maloca. Plus tard, nous sommes partis faire un tour, et Luis nous a montré des plantes médicinales, nous expliquant leur histoire, leur usage… Et bon, inutile de vous dire que là-bas, il n’y a que des plantes médicinales!

Ayahuasca

Ayahuasca

L’Ayahuasca est une liane, qui s’enroule autour des arbres, du sol jusqu’au ciel, cherchant à atteindre la lumière, et effectivement, tel est le processus des sessions d’ayahuasca, s’approcher chaque fois plus de la clarté et de la lumière.

Chacrunita

Chacrunita

Les feuilles de la Chacruna sont celles le plus souvent utilisées en combinaison avec l’Ayahuasca, dans le breuvage qui se prend lors des cérémonies. On la surnomme souvent la pinturera, celle qui peint, car c’est elle qui colore les visions durant les cérémonies.

Les enseignements de Luis

Les enseignements de Luis

Lupuna!

Lupuna!

La Lupuna est un arbre incroyable. Très très imposant, ici vous n’en voyez que le tronc, elle mesure plus de 70m de haut, et on peu, comme vous le voyez sur la photo, entrer en quelque sorte dans ses racines, où il fait frais. C’est un arbre avec une force et une énergie incroyable, j’avais du mal à rester près de lui car ca me donnait la nausée, comme des vertiges. La Lupuna est utilisée pour le traitement de l’asthme, de la dysentherie, les problèmes rénaux sur un plan physique, mais aussi d’un point de vue spirituel pour l’apprentissage et la compréhension des plantes et des éléments, la protection spirituelle, et la clarté de pensées.

Après cette passionante classe en plein air, nous sommes allés nous baigner dans un ruisseau, qui était à environ une demi heure de marche de la maloca, à travers la jungle. Eh bien je peux vous dire que c’était une des ballades les plus fatigantes de ma vie! Entre le fait que pendant la dieta, on n’est que peu actif, ajoutez-y la réduction de nourriture, plus la chaleur et humidité de la jungle, plus le jeûne depuis la veille au matin, j’étais toute faiblarde! Puis au bout d’une bonne demi heure, on n’était pas encore arrivés et pour me réveiller une gentille guêpe carnivore a eu la bonne idée de me piquer à la cuisse, de telle sorte qu’en plus de la douleur de la piqûre, je sentais le venin se propager à chaque fois que je faisais un pas et que je sollicitais le muscle. Enfin peu de temps après, nous arrivions au ruisseau, et se mettre dans cette eau fraîche était comme une bénédiction, il y avait même des petits poissons qui venait nous faire des bisous et c’était le relax total…

Après je pense deux bonnes heures à discuter dans l’eau cristaline, nous reprenions la route, par un autre chemin moins encombré et plus praticable, pour revenir au campement. Au programme, discussions à bâtons rompus, plus et plus de plantes, d’histoire de la jungle, des traditions, et… un magnifique coucher de soleil!!!

Coucher de soleil sur l'Amazonie

Coucher de soleil sur l’Amazonie

Le jour tombe assez vite, surtout quand nous entrons en forêt, et rapidement on n’y voyait plus rien. Enfin, en théorie! Car Ro n’y voyait plus rien, mais moi, je voyais tout très clair, pas besoin de lampe, les feuilles plus claires était comme fluorescentes, on aurait dit Pandora dans le film Avatar. J’y voyais comme dans l’image ci-dessous:

La jungle la nuit :)

La jungle la nuit 🙂

Nous sommes rentrés à notre tambo, où nous avons découvert une invasion de fourmis de toutes tailles, des rouges, des noires, avec et sans ailes, mais toutes « mandibulées ». Nous avons pris nos affaires et sommes allés dormir à la maloca. Sauf que, nous n’avons pas dormi avant le lever du jour! Nous sommes restés un moment à papoter Ro et moi, puis nous avons éteint les bougies. Mais impossible de dormir, on sentait notre corps fatigué mais dedans, on était super éveillés. Je repassais les enseignements du jour, écoutais le moindre bruit, le moindre grillon, oiseau, crapaud, c’était une véritable symphonie, avec son propre rythme, sa propre mélodie.

Le lendemain, dimanche, Lary le fils de Lucho, est arrivé de bonne heure, vers 9 heures aussi, pour notre application de Kambo. Comme je vous le commentais dans mon post précédent, le kambo est une substance générée par la grenouille Kambo, on l’appelle la vacuna, le vaccin, car c’est utilisé pour purifier et désintoxiquer le corps. Pour l’appliquer, il faut procéder à des incisions. Lary, à l’aide d’un bâtonet, nous a fait trois petites brûlures sur le bras, puis a frotté pour percer la cloque, avant d’y déposer le Kambo.

Kambo

Kambo

L’effet du Kambo est très rapide, en peu de minutes on commence à sentir une forte chaleur dans le corps, on commence à transpirer, et ca dure ainsi une quinzaine de minutes environ. Il n’est pas rare que cela provoque des vomissements ou de la diarrhée, mais rien de tout ca pour nous, mais en même temps, pour ma part je n’avais rien mangé depuis un peu moins de 48 heures donc je n’avais pas grand chose à vomir 🙂 Quand l’effet du Kambo se dissipe, on se sent tout détendu, comme après un bon bain chaud un dimanche d’hiver 🙂

Nous avons mangé un petit peu le dimanche midi, pour ma part deux cuillerées de lentilles, car étrangement je n’avais pas si faim, puis surtout, je crois que j’avais pas vraiment envie de manger cette nourriture insipide!

Le dimanche soir, nous avons fait une cérémonie d’Ayahuasca. Celle de mon cierre de dieta, la clôture de ma dieta. Il y avait d’autres participants, Laszlo un hongrois, un habitué des dietas chez Lucho (qui d’ailleurs a fait, lui, un jeûne de 45 jours dans la jungle, ne « s’alimentant » que de mapacho et de feuilles de coca), Oscar, un barcelonais, qui lui aussi a dieté pendant environ un an et demi avec Lucho, puis il y avait deux italiens, Filipo et Mateo, qui allaient prendre l’Ayahuasca pour la première fois, et un irlandais, Kevin, qui allait rester quelques jours en dieta.

Je vous raconterai ma dernière cérémonie, et mon cierre de dieta, dans le prochain post. Ce week-end nous sommes allés faire une cérémonie sur Guadalajara et nous sommes arrivés hier soir à presque minuit après huit heures de trajet épuisant, donc… au dodo!

Je vous embrasse fort et espère que vous allez tous bien!

A très bientôt pour la suite et fin du périple!

Catégories : Curando el alma | Étiquettes : , , , , | Poster un commentaire

La dieta! (2ème partie)

Bonjour à tous!

Alors suite à la cérémonie du dimanche, nous avons commencé la dieta.

Au petit matin suivant la cérémonie, comme chaque matin suivant les cérémonies, Lucho nous donnait un baño de flores, un bain de fleurs, qui comprenait plantes et fleurs, et qui sert à purifier le corps suite aux énergies dégagées la veille lors de la cérémonie. Et ce baño de flores avait lieu dans un petit ruisseau tout près de la malorca.

Le ruisseau

Le ruisseau

Le ruisseau

Le ruisseau

Et le baño de flores, c’est vraiment un grand moment. Il est préparé avec l’eau du ruisseau, qui est vraiment fraîche, et vraiment à chaque fois j’avais l’impression que c’était comme un baptême, le même effet de surprise au contact de l’eau froide. Mais l’odeur… ah l’odeur… absolument délicieuse! Il y avait, par exemple, une fleur de Datura, des branches de Ruda, et des feuilles de Canelilla, une plante de la jungle amazonienne.

Canelilla, ruda et datura

Canelilla, ruda et datura

Il n’y avait pas mieux pour commencer la journée! 🙂

Le premier jour, pas de plante, juste le repas sans sel. Chaque jour, on avait un ou deux repas, deux les jours de repos, et un les jours de cérémonies (un jour sur deux).

Bon ap'!

Bon ap’!

Détente et minute commerciale :)

Détente et minute commerciale Kotán 🙂

Et bon, entre mettre peu de sel dans la nouriture, et ne pas en mettre du tout, il y a un fossé qui mine de rien, est énooooooorme!!!Du coup, la nourriture n’a vraiment pas de goût… Le premier jour, si je me souviens bien, on a eu riz blanc et pois cassés. Puis tout au long de la semaine, il y avait des jours où on avait de la soupe de légumes, des lentilles, de la soupe de lentilles. Le cinquième jour, on a eu… des patates dans la soupe de légumes! Ouhhh je vous dis pas, on les a savourées!!!

Donc premier repas généralement vers 9h les jours à deux repas, ou 11h environ les jours d’un seul repas. Le deuxième repas, vers 14 heures environ. Ca ne  m’a pas été trop dur cette affaire de peu de repas par jour, après plusieurs jours je touchais à peine ma gamelle, parce que je n’avais plus si faim, et que ce n’était pas vraiment appétissant. Manger sans sel, quand on n’y est pas habitué, on a l’impression que ca ne nourrit pas, ou que ca nourrit bizarre, étant donné que l’aspect « plaisir » de manger est peu existant, les repas deviennent en quelque sorte une formalité…

Durant cette première journée, nous sommes restés tous les quatre dans la maloca, puis finalement on y était assez bien installés. Pendant la dieta, généralement on reste tranquille, on bouquine, papotte, dessine, fait une petite sieste, fume du mapacho (souvenez-vous, le tabac de la jungle, qui s’utilise d’ailleurs là-bàs comme outil médicinal, car il est 100% naturel, ne cause pas d’addiction, et donne de la force et de l’énergie au corps).

On peut aussi sortir de la maloca, et regarder tous les insectes étranges autour de nous. Je suis restée bouche bée devant certains papillons, de toutes tailles, de toutes formes et de toutes les couleurs. Il y a même des papillons, la nuit, qui ont des petites lumières rose au bout des antennes.

Papillon de lumièèèère

Papillon de lumièèèère

J’ai vu des papillons avec des ailes aussi grandes que ma main, dont un qui me visitait tous les matins quand j’allais me laver au ruisseau, énorme, d’une espèce de bleu métallique fluorescent.

(photo internet)

(photo internet)

Et aussi des papillons avec des yeux de chouette…

Papillon chouette (photo internet)

Papillon chouette (photo internet)

Il y a aussi ce genre d’insecte étonnant…

 

… qui s’appelle « Grillo hoja », ou en francais… criquet-feuille 🙂 Et il faut dire qu’il porte bien son nom. Le pauvre criquet de la video fuyait d’une attaque de fourmis géantes, une heure après il n’en restait que des morceaux 😦

Il y a aussi des guêpes carnivores, et je peux vous dire que celle-là, c’est pas de la gnognotte!!! Quand elles te piquent, non seulement elles t’injectent un venin dont je vous laisse imaginer la douleur, mais elles arrachent aussi un bout de chair. Et j’ai été piquée à deux reprises, suffisament pour devenir paranoïaque à chaque fois que je sortais dans la nature.

Guêpe carnivore

Guêpe carnivore

Au lendemain, nous avons commencé à prendre chacun les plantes que Luis nous avait attribuées. Pour ma part, c’était diteta de Chuchuasha.

Chuchuhasha

Chuchuhasha

La Chuchuhuasha est utilisée, sur le plan physique, pour renforcer les globules rouges, la moelle épinière, et l’appareil reproductif féminin. Sur le plan psychologique, elle est utilisée pour se libérer d’émotions enfouies.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est effectivement ce que j’ai ressenti… Les premiers jours, une douleur incroyable dans les os et le squelette, j’avais l’impression d’avoir 95 ans, j’avais même mal aux os du visage, quand j’avais la tête posée sur les couvertures, j’avais mal! En plus la douleur d’os est différente des douleurs musculaires, c’est vraiment très profond comme douleur… Et je vous avoue que les premiers jours c’était vraiment pas facile, car c’était donc combiné avec l’effet psychologique… beaucoup, beaucoup de pleurs sans vraiment savoir pourquoi je pleurais, je sentais juste que c’était des pleurs qui venaient de loin, très loin. Je n’avais envie de parler à personne, juste envie de rester en boule sur mon matelas, et qu’on me laisse en paix.

Ce jour-là, nous avons quitté la maloca…

La maloca

La maloca

… pour nous installer dans notre tambo

Notre tambo

Notre tambo

Qui était plein de grooooosses fourmis, et avec un hamac plein de termites ventrues. Donc premier truc qu’on a fait, ménage à fond!

Installés!!!

Installés!!!

Nous y avons passé la journée tranquilles, à bouquiner et discuter…

Bouquinage

Bouquinage

J’espérais que la seconde cérémonie d’Ayahuasca m’apporterait des clés pour comprendre cette sorte de crise par laquelle je passais, mais il n’en a rien été… J’ai même au bout de deux heures, demandé à Lucho qu’il me donne un peu plus de medicina, mais sans autre effet que de provoquer la purga. A la fin de la cérémonie, je me sentais frustrée. Tous racontaient leur expérience, et combien d’enseignements ils en tiraient, et moi, rien. J’en parle avec Luis, qui me dit avec ses yeux malicieux « Todo tiene su proceso. Solo tienes que aceptar y ser paciente. » (Chaque chose a son processus, tu dois juste accepter et être patiente). Et effectivement, je savais qu’il avait complètement raison, et je me sentais en quelque sorte comme enfant gâtée, qui veut tout tout de suite, je voulais savoir, je voulais comprendre, là, tout de suite, comme servie sur un plateau d’argent. Je disais à Luis « Tu peux m’aider, toi, à comprendre ce que j’ai, ce qui se remue là-dedans et que je ne peux pas identifier? J’aimerais tellement comprendre, ca m’aiderait tellement à m’en débarrasser! », et lui de me répondre « C’est où tu portes ton attention que va aller ton énergie. Tout nait de rien, et si tu regardes bien, tout n’est rien. Si tu continues de focaliser ton attention sur ton mal-être, tu ne vas faire que l’alimenter. Et il est probable que tu ne puisses jamais réellement l’identifier. En revanche, si tu arrêtes d’y poser ton attention, il mourra et disparaitra de lui-même, car personne ne sera là pour l’alimenter et pour lui faire de la place en toi. Moins tu lui laisseras de la place, et plus il y aura de la place pour d’autres choses, beaucoup plus agréables que la souffrance ». Il a tellement raison. Je n’avais plus rien à ajouter, juste digérer.

Le jour suivant la seconde cérémonie, rebelotte. Mal-être physique et émotionnel augmenté de la frustration de la veille, et je me sentais partagée… Une partie de moi mourrait d’envie d’envoyer tout bouler, l’autre partie me disait d’avoir confiance, que j’étais entre de bonnes mains, et qu’il fallait que j’arrête de me désespérer. Et je me souvenais du Camino de Santiago, où chaque jour où je marchais sur la Meseta, en Espagne, je voyais comment, chaque jour, les cultures changeaient, comme les blés passaient du vert au jaune au fur et à mesure des semaines… Et de repenser à tout ca et entrer en raison sur la lenteur de certains processus m’a tranquilisée. Je faisais beaucoup d’exercices de respiration, m’accordait des temps de méditation, de visualisation. Moi qui me considérais jusqu’alors comme une personne patiente, j’ai du me rendre à l’évidence que je ne l’étais pas autant que ce que je pensais 🙂 Et qu’il est bon de s’en rendre compte, je crois que souvent on prend pour acquis des traits de caractère, et avec le temps on ne se rend pas toujours compte de combien on change… Me voilà donc travaillant intérieurement sur l’acceptation, sur le lâcher prise…

Et vraiment, c’est un des principaux enseignements qui me restent gravés, profondément, el Aceptar

Le surlendemain de la deuxième cérémonie, je commencais à me sentir mieux. J’étais même prête pour la cérémonie du soir, sûre que cette fois-ci, tout allait être plus clair, que j’allais m’offrir et m’abandonner complètement à la medicina

Sauf que… à nouveau, pas d’effet. Du moins, pas des effets habituels. Pas de vision, juste la purga. Mais cette fois-ci, j’étais plus philosophe. Pas de frustration, pas de déception, je sentais qu’il y avait, au-delà du « pas d’effet », un travail qui se faisait, silencieux, à l’intérieur de moi. J’étais heureuse, à la fin de la cérémonie, quand on discutait tous ensemble, que tous me racontaient comment ca s’était passé pour eux. Je disais avec un sourire « bein… non, je ne suis pas entrée, mais ce n’est pas grave ». Je discutais avec Luis, il continuait de me rassurer, me confirmait que la medicina travaille toujours, même si elle ne se manifeste pas avec des visions ou des sensations comme on aimerait avoir. Et effectivement, c’est ce que je sentais. Je sentais le « poids » plus léger, toujours là mais plus léger.

Photo post-baño de flores :)

Photo post-baño de flores 🙂

Il me restait trois jours de dieta. On était jeudi soir, et j’allais sortir de la jungle le lundi matin. Dans les trois jours qui me restaient, Luis nous avait proposé de faire une cérémonie de Wachuma, une application de Kambo, puis le dimanche était prévue ma dernière cérémonie d’Ayahuasca, pour clôre ma dieta.

Le Wachuma, c’est un cactus, le San Pedro, un cactus de la région andine qui est utilisé entre autres, dans le traitement des addictions, et pour purifier le corps, la mente et el espiritú. Les mots mente et espiritú se traduisent de la même manière en francais, comme « esprit ». Sauf que la mente, c’est l’esprit du point de vue mental, rationnel, alors que el espiritú, c’est la partie spirituelle, trascendantale, de l’esprit.

Wachumita

Wachumita

Le Kambo, c’est une grenouille. C’est la sueur qu’elle sécrète quand on lui fait sentir une certaine plante, qui est utilisée dans le traitement. C’est un dépuratif, souvent appelé aussi la vacuna, le vaccin, car elle immunise le corps. L’effet est rapide est assez court, une vingtaine de minutes, durant lesquelles le patient transpire beaucoup, vomit parfois.

Kambo

Kambo

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Je vous raconterai la suite de mes aventures amazoniennes dans le prochain post! En attendant, une petite photo de la selva, verde verde selvita.

Verde selva

Verde selva

Catégories : Curando el alma, Lieux | Étiquettes : , , , | Poster un commentaire

Propulsé par WordPress.com.