Archives mensuelles : novembre 2018

Le dimanche à San Isidro, c’est le jour du Temazcal!

Comme le dit la chanson (enfin presque!), le dimanche à San Isidro, c’est le jour du Temazcal!!!

Et alors du coup, j’ai pris plein de photos pour vous raconter l’histoire de ce rituel pré-hispanique que j’aime tellement.

Le Temazcal, c’est une espèce de sauna des temps anciens, sauf que c’est pas tout à fait ça non plus… En fait, le Temazcal, c’est ce que l’on appelle en anglais sweatlodge, ou tente de sudation (??? pas très sure de mon frañol sur le coup!).

C’est comme un igloo, en toile ou en pierres, dans lequel on met des pierres volcaniques chauffées au feu (et trèèèès très chaudes), sur lesquelles on verse de l’eau mélangée avec des plantes (romarin, eucalyptus, lavande ou autres). Dans la tradition préhispanique, le Temazcal représente le ventre de la Terre-Mère. On y rentre, et le rituel se fait dans l’obscurité complète.

Comme le sauna, le Temazcal a des vertus de purification de par la transpiration excessive qu’il provoque. En plus des vertus physiques de purification, le Temazcal est aussi utilisé pour ses vertus psychiques: il permet une guérison émotionnelle (par les chants et les cercles de parole), une fortification de l’esprit et du corps (de par la « mise à l’épreuve » due à la chaleur).

Le rituel de Temazcal se divise en plusieurs étapes:

  • le chant d’ouverture,
  • le rituel en lui même, à l’intérieur du Temazcal, qui se divise en 4 « portes » (je vous explique ça dans quelques minutes)
  • le chant de fermeture.

J’ai cherché dans le blog, et visiblement je ne vous l’avais jamais expliqué, mais dans la cosmovision pré-hispanique, tout se divise en 4 rumbos, 4 directions, comme les 4 points cardinaux. Selon la cosmovision, chaque rumbo a sa propre force et sa propre énergie. Son propre élément (eau, vent, terre, feu), sa propre couleur (noir, blanc, jaune ou bleu, et rouge), sa propre divinité préhispanique, ses propres caractéristiques en termes de caractère, vertus, etc… D’où la division du rituel en 4 portes.

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La structure du Temazcal


Le trou que vous voyez au centre du Temazcal, c’est l’endroit où on met les pierres une fois chauffées. Nous, on s’assiéra tout autour 🙂

Ce que je trouve chouette à ce Temazcal, c’est qu’on met tous la main à la pâte…

On compte les pierres…

On chauffe 52 pierres pour le Temazcal, qui seront divisées durant les 4 portes (13 pierres par porte, 52 étant le « chiffre clé » du cycle solaire).
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On (enfin, ils…) coupent le bois…

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On prépare le feu et on accomode les pierres dessus…

En moyenne, on chauffe les pierres deux heures…

Pendant ce temps, on prépare l’eau avec les plantes dedans…

Les pierres chauffent et pendant ce temps, ça papote… 🙂

L’étape finale… on met la cape!

Avant d’entrer dans le temazcal, on salue les 4 rumbos avec ce chant:

Hermano del Oriente te invito al Temazcal, 

Honrando al Gran Creador en cada oración 

(Frère de l’Est je t’invite au Temazcal, honorant le Grand Créateur dans chaque prière)

Hermano del Sur te invito al Temazcal, 

Honrando a la Familia en cada oración 
(Frère du Sud je t’invite au Temazcal, honorant la Famille dans chaque prière)

Hermano del Poniente te invito al Temazcal, 

Honrando a los Amigos en cada oración 

(Frère de l’Ouest je t’invite au Temazcal, honorant les Amis dans chaque prière)

Hermano del Norte te invito al Temazcal, 

Honrando a mi Alma en cada oración 

(Frère du Nord je t’invite au Temazcal, honorant mon Âme dans chaque prière)

Hermano Universo te invito al Temazcal,

Honrando a la Creación en cada oración

(Frère Univers je t’invite au Temazcal, honorant la Création dans chaque prière)

Madrecita Tierra te invito al Temazcal,

Honrando a la Vida en cada oración

(Terre Mère je t’invite au Temazcal, honorant la Vie dans chaque prière)

Abuelito Fuego te invito al Temazcal,

Honrando tu trabajo en cada oración

(Ancètre Feu je t’invite au Temazcal, honorant ton travail dans chaque prière)

Ensuite, on entre chacun notre tour dans le Temazcal, on s’installe en cercle, on met les 13 premières pierres, on referme la bâche, et c’est parti! 

Durant la première porte, on travaille la partie du Divin, de Dieu, ou peu importe son nom, avec des chants. Chaque porte dure environ, hmmm… vingt minutes je dirais, bien qu’on perd complètement la notion du temps. Pendant les chants, ou les temps de silence, la personne qui dirige le Temazcal verse l’eau sur les pierres. On ouvre ensuite la porte (on lève la bâche à l’entrée), on met 13 autres pierres, on referme, et commence la deuxième porte, durant laquelle on travaille sur la Famille. Troisième porte, 13 autres pierres, les amis et le couple, quatrième porte, les 13 pierres restantes, et on travaille notre Être intérieur.

Fin du Temazcal, le repos du guerrier 🙂

Quand le Temazcal finit, on sort un par un et on se donne un grand abrazo (on se prend dans les bras), puis on chante le chant de clôture (le même, sauf qu’au lieu de dire Te invito al Temazcal, on dit Terminò el Temazcal – le Temazcal est terminé).

Après ça, on est bons pour faire un grooooooos dodo!!!

Sauf qu’en fait, après ce Temazcal (qui est le Temazcal Familial, ouvert à tous, petits et grands, ce qui le rend super convivial), on reste faire le Temazcal de Guerreros (Temazcal des Guerriers), qui fait partie de la préparation à la Recherche de Vision (Vision Quest en anglais), ce qui fera l’objet d’un autre post. La différence entre ces deux Temazcal, c’est que dans celui de Guerreros, on met les 52 pierres dès le début (et là, c’est vraiment très très chaud). Evidemment, les portes sont beaucoup plus courtes (quelques minutes seulement) et le travail plus intense. Mais on aura l’occasion d’en reparler.

N’hésitez pas à me laisser vos questions ou vos remarques en commentaires, c’est toujours un plaisir de lire vos retours 🙂

Belle semaine à tous!!!

 

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Akun

Bonjour à tous!

Dans le post précédent, je vous parlais du Festival Culturel Mazatepec (FCM) de l’année dernière, où j’ai donné un concert. Eh bien voilà, c’est là que Akun a commencé…

J’étais sensée être accompagnée de Miguel mais il revenait du Costa Rica et n’allais pas être à l’heure, du coup, mes amis organisateurs du Festival m’avaient dégoté deux autres musiciens pour m’accompagner: JuanPi, violoniste, et Victor, bassiste. 

Le concert était vraiment top, intimiste, ils avaient monté une scène super jolie, avec des loupiottes, des tentures, des bougies, et avaient installé des tapis et coussins pour le public.

FCM 2017
FCM 2017

Et voici un petit résumé… 🙂

FCM 2017

Après le concert, on a commencé à taper le boeuf, et là, c’était vraiment magique… Miguel, qui s’était occupé du son pendant le concert, est venu jouer avec nous, et à la fin, on s’est tous dit « Wahou, mais c’est trop bien de faire de la musique ensemble, il faut qu’on continue! »

Après le concert, Jorge (le président du Collectif Mazatepec, organisateur du FCM) vient me voir avec Miguel et me dit « Agathe, tu fais quoi niveau musique en France? », et là, je leur dis « Bein, pas grand chose, j’ai fait un concert dans un restau cet été mais sinon je joue à la maison ou pour quelques amis, pas plus ». Et eux « Nan mais déconne pas, il faut pas que tu laisses ça de côté, il faut que tu penses sérieusement à ta carrière musicale ». Je rigole et rechigne un peu, je me sens pas chanteuse du tout, c’est vraiment un loisir et bon, je pense vraiment pas avoir ni les épaules, ni la capacité de commencer une carrière de musicienne. Là, ils me disent « Ecoute, si tu crois pas en toi, c’est ton problème, mais laisse-nous faire notre travail ». Il convient de vous préciser que Jorge a un studio de production vidéo (l’excellent studio Ozer), et que Miguel, en plus d’être musicien professionnel, est producteur. Du coup, Migue me propose d’enregistrer quelques chansons dans son studio, et Jorge d’en faire un vidéo clip. Soit!

Je commence à enregistrer quelques chansons avec Miguel. Là, il me parle d’un projet qu’il a, Akun, qui serait un groupe de musique du monde, ou en plus de compositions personnelles, proposerait aussi tout un répertoire revisitant les chants rituels et traditionnels de divers horizons. Il me propose de me joindre au projet. J’accepte. Akun est né!

On enregistre le premier single, El Rezo, et durant mon voyage du mois de mars, on part avec l’équipe de Ozer à San Sebastian del Oeste, enregistrer le clip officiel, que voici!

Depuis, nous avons invité JuanPi et Victor à faire partie du groupe, ce qu’ils ont accepté, enthousiastes. Nous voilà donc quatre 🙂

Cette année, on a rejoué en tant que Akun officiel au FCM 2018, le mois dernier. C’était mon premier vrai concert « full band » comme on dit dans le jargon, avec le groupe au complet. 

On s’est joint au Collectif comme bénévoles, moi dans la coordination des ateliers proposés, Miguel quant à lui, a mis en place un concert de Musiques du Monde, avec trois groupes: Totome (qui font de la musique fusion avec des instruments préhispaniques qu’ils fabriquent eux mêmes, je vous les recommande), Akun, et Sobredosis, un groupe de reggae.

Et nous voici à notre premier concert! 45 minutes de show, je dois dire que les trois premières chansons je me sentais assez tendue, j’avais pas un super bon retour au niveau du son, ce qui s’en est ressenti sur les enregistrements (je suis pas satisfaite de ma prestation, mais bon, apparemment il faut pas que je sois si indulgente pour mon premier concert 😉 ). Quand j’aurai les enregistrements et les vidéos, je les partagerai ici.

Akun – FCM 2018

J’ai juste une vidéo d’une quinzaine de secondes, ouais je sais c’est pas beaucoup mais ça peut vous donner un avant-goût en attendant les officielles…

En attendant le reste, donc, vous pouvez jeter un oeil aux vidéos « maison » qui sont sur notre chaîne Youtube (et même vous y abonner pour recevoir les nouvelles vidéos dès qu’elles sont postées), n’hésitez pas à fouiller, il y en a plusieurs.

Elles ont toutes (ou presque) l’option de sous-titres avec traduction en français alors vous pouvez faire soit du karaoké, soit pratiquer votre espagnol! 😉

Je vous en laisse une ici:

La chaine Youtube, c’est en cliquant ici!

Vous pouvez aussi nous suivre sur Facebook où nous publions plus régulièrement, en cliquant ici

Là, les prochains plans Akun, c’est terminer les enregistrements et faire une session de photos pro afin de terminer le dossier de presse et de commencer à chercher des dates pour l’été prochain. Je vous tiendrai au courant des avancées, bien sûr!

Vos retours, positifs ou négatifs, sur notre musique sont les bienvenus évidemment!

Bonne journée à tous!!!

Agathe.

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Ágata, Agatlí et Agathe, ou la Mexa 2.0

Bonjour à tous!

Après trois ans d’absence, me voici de retour sur le blog…

Tout est parti (re-parti) d’une discussion de ces derniers jours, dont la dernière en date, ce midi avec Miguel (dont je vous reparlerai plus loin), sur mes trois « identités »: Ágata, Agatlí et Agathe.

Enfin non, la discussion à la base, c’était sur écrire un livre. Je lui dis « ah mais moi j’ai déjà presque un livre tout prêt », je lui parle de ce blog, qu’un jour j’ai copié-collé à word et qui représente plus de 300 pages, images incluses. Il me demande pourquoi j’ai arrêté le blog, je lui explique que ça fait plus de deux ans que je n’y écris plus. Il enchaîne « Pourquoi tu le reprends pas? », je lui dis que c’est un blog d’un temps qui n’est plus, et que si je me remets à faire un blog, ça serait peut-être mieux de repartir de zéro car je sens qu’il ne me correspond plus vraiment, que c’était le temps de Ágata, et que Ágata n’est plus. Il me demande « Y cuando fue que mataste a Agata? » (c’est quand que tu as « tué » Agathe?), je lui réponds « l’an dernier, quand je suis revenue au Mexique en octobre ». Donc, tout (re)part de là, mais avant, un petit flash-back explicatif…

Il convient de vous dire que ça fait déjà une heure et demi que j’écris, j’efface, je recommence, parce que bien sûr, il y a énormément de trucs à dire sur ces trois ans d’absence du blog, mais je vais essayer de faire les choses dans l’ordre. Je sais même pas si je finirai par publier cet article, quoi qu’il en soit, dans tous les cas ça fera toujours un chouette brouillon!

J’ai quitté le Mexique en juillet 2016, après plus de six ans de vie mexicaine (dont une bonne partie consignée dans ce blog), et suite à ma séparation de mon ex-compagnon.

Retour en France, donc, où j’ai passé au total deux ans. Retour pas facile, malgré la présence et le soutien aimants et sans faille de ma famille (j’ignore encore où et ce que je serais sans eux). Je n’imaginais pas à quel point le retour d’une expatriation était complexe, d’autant plus, je pense, quand il s’agit de deux pays si différents en tous points: langue, culture, société, environnement, gastronomie, habitudes et repères. Bref, je ne m’étalerai pas sur le sujet, j’ai mis plusieurs mois à sortir la tête de l’eau.

Je suis revenue à Millau, ville que j’avais laissée seize ans plus tôt, en 2000. J’ai mis sept mois à trouver du boulot, d’abord au point touristique d’un village templier, puis comme guide touristique saisonnière au Viaduc de Millau. Ce qui m’a permis de recréer un cercle d’amis, qui se comptent sur les doigts de la main (ah mais vous verriez la qualité!!!).

Après un peu plus d’un an, je décide de revenir en vacances au Mexique. Le départ avait été précipité et je n’avais dit au revoir à presque personne, il était important pour moi de revenir « fermer le cycle ». Des amis de Guadalajara (de San Isidro, pour être précise) organisaient la 5ème édition du Festival Culturel Mazatepec et me proposent d’y donner un concert, va, vámonos!

J’arrivais donc au Mexique avec l’idée de venir dire au revoir, maintenant que j’avais sorti la tête de l’eau et retrouvé une stabilité matérielle, économique et émotionnelle en France. Sauf que là, c’est comme si ma vie était sur une table, et que quelqu’un arrivait et retournait la table avec tout ce qu’il y avait dessus. Chales, tchalèss comme on dit ici. Je me rends compte que je ne peux nier que: le Mexique fait partie intégrante de moi, et je ne peux ni ne veux être loin de cette culture, de ce pays, qui sont miens et si chers à mon coeur. Au fur et à mesure du périple, je commence à me dire « ok, je peux bosser 6-7 mois en France, et venir 3-4 mois au Mexique, comme ça je suis ici et là-bas à la fois ».

Durant les six et quelques années au Mexique, tout le monde m’a appelée Ágata, qui est la traduction de Agathe en espagnol. A mon retour en octobre dernier, je me rends compte que je ne suis plus la même, enfin si, sauf que non, et qu’au même titre que le Mexique fait partie de moi, la France aussi, et j’ai à coeur de mêler ces deux parties dans l’un et l’autre des pays. Je demande donc à mes amis, qui m’ont appelée Ágata pendant des années, de m’appeler Agathe, en leur expliquant que c’est mon nom, et qu’il est important pour moi que cette identité française soit reconnue. On me chambre deux minutes mais finalement tout le monde soutient l’idée et m’appelle dorénavant Agathe. C’est donc là, petit à petit, que j’ai laissé Ágata à sa place, dans mon passé.

Quant à Agatlí, c’est un surnom qui m’a été donné par Beto, un ami mexicain, il y a quelques années. Agatlí, c’est devenu en quelque sorte mon identité artistique, pour la peinture et le chant (bien que dans les projets musicaux, j’ai aussi ce désir de mon vrai nom, je suis, disons, en discussion avec moi-même à ce sujet 🙂 )

Je reviens en France début décembre. Un mois passe et je rachète un billet pour le Mexique pour fin février, un mois et demi à nouveau, avant de renquiller pour une nouvelle saison en avril au Viaduc. Ce voyage de mars était motivé par deux raisons principales: les projets musicaux nés du Festival Culturel (j’en reparlerai dans un autre post), et Miguel (avec lequel je partage dorénavant ma vie et que vous serez amenés à voir dans les prochains posts). Au retour de ce deuxième voyage, je décide de repartir au Mexique après la saison au Viaduc, cette fois-ci à durée indéterminée.

Alors me voilà, tapatía comme on appelle les gens de Guadalajara, où j’habite à présent.

Guadalajara, c’est là!

Gdl

Et voici Miguel 🙂

Mikigat

Miguel, c’est un soleil et je pourrai écrire des livres entiers sur lui.

Bienvenu(e)s donc, à nouveau, sur mon blog!!! Je vais faire quelques mises à jour (météo et tout le reste). Qui dit nouvel endroit de résidence, dit nouveaux plats typiques, nouvelles traditions locales, nouveaux paysages… Et j’ai déjà tout un tas de trucs à vous raconter et à vous montrer… Qué emoción!!! 

Au plaisir de vous lire en commentaires, et de vous écrire dans les prochains articles! 🙂

Agathe 🙂

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